June 24, 20201

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Accueil de jour, 115, samu social, centre d’hébergement d’urgence sociale, service intégré de l’accueil et de l’orientation… Le pôle de lutte contre les exclusions de la Vienne intervient de l’hébergement d’urgence à la réinsertion, en proposant aux personnes accueillies une logique de parcours. Face à l’épidémie de Covid-19 et pour respecter les mesures de confinement, les équipes ont dû adapter leurs activités.

Le centre d’hébergement d’urgence sociale (CHUS) de Poitiers est l’un des dispositifs importants du pôle de lutte contre les exclusions de la Vienne (86). D’une capacité de 49 places, il accueille tout au long de l’année des personnes en grande précarité, de 16h à 10h le lendemain matin. Cela leur permet de dormir à l’abri et de se reposer, au moins le temps d’une nuit.

 

Accueil 24 heures sur 24

 

Mais avec le confinement, tout a changé. « Il était impensable de demander aux personnes de repartir le matin, avec la rue pour seule alternative, explique Thierry Gheereart, le directeur du pôle de lutte contre les exclusions 86. Nous avons réorganisé notre fonctionnement afin d’être ouvert 24 heures sur 24 et de pouvoir distribuer tous les repas. En effet, là où nous proposons habituellement dîner et petit-déjeuner, il faut désormais assurer aussi le déjeuner, ce qui a nécessité une petite réorganisation. » Dès le début, des salariés du pôle se sont proposés pour venir en renfort sur cette nouvelle mission et des collectes de nourriture se sont mises en place quotidiennement. « Ces salariés passent chercher des produits dans les supermarchés, dans des établissements scolaires qui avaient du stock et qui ont, bien sûr, fermé leurs cantines. En fonction des dates limite de consommation, ils apportent ensuite les denrées au centre d’hébergement d’urgence sociale (CHUS), pour que chaque personne hébergée puisse rester à l’abri et se nourrir correctement. » De plus, le CHUS accueillant des femmes, des enfants et des hommes, dans des locaux qui ne sont pas forcément faits pour y rester indéfiniment, la présence bienveillante et apaisante des équipes de la Croix-Rouge est précieuse.

 

Prolongation de la période hivernale

 

Cette réorganisation du travail et des missions ne se limite pas au CHUS. En effet, en raison de la pandémie de Covid-19, la période hivernale – associée à un renforcement des mesures de prévention et de protection des populations vulnérables – a été cette année prolongée de deux mois. Elle s’achèvera donc le 31 mai, au lieu du 31 mars. Très concrètement, cela se traduit par le maintien de l’ouverture d’un certain nombre de places d’hébergement. A Poitiers, la Croix-Rouge française gère un dispositif d’accueil hivernal dans les locaux d’une auberge de jeunesse : outre une augmentation de la durée d’accueil, le nombre de lits est passé de 40 à 52 et, là aussi, il est indispensable de pouvoir nourrir tout le monde, être présent, écouter, accompagner… Du mieux possible en cette période si compliquée. « Le confinement nous a conduits à réorganiser nos fonctions, nos équipes mais également nos pratiques, pour que nous puissions apporter la meilleure réponse possible aux personnes que nous accueillons », complète Thierry Gheereart. Bien entendu, tout est fait pour que les mesures barrières soient respectées et, au 1er avril, aucun cas de Covid-19 n’avait encore été signalé dans ces deux établissements.

 

Centres d’hébergement spécialisés

Par ailleurs, Parce que l’épidémie continue de gagner du terrain et que la situation évolue au quotidien, le pôle de lutte contre les exclusions de la Vienne a anticipé et ouvert deux centres d’hébergement spécialisés, à Dax et à Poitiers, destinés à accueillir les personnes sans-abris infectées par le Covid-19. Un centre à Dax accueille actuellement six personnes, tandis que dans celui de Poitiers se trouve actuellement une personne. « Le centre de Poitiers a ouvert le vendredi 27 mars et nous sommes en capacité d’accueillir 35 personnes, dans des locaux adaptés puisque nous nous trouvons dans un hôtel qui a été réquisitionné pour cette mission », explique Anaïs Guimard, coordinatrice du samu social et responsable du centre. L’homme qui est ici aujourd’hui vivait entre la rue et différents centres d’hébergement d’urgence avant d’être atteint du Covid-19. Ce virus étant particulièrement contagieux, nous devons nous tenir prêts pour de nouvelles arrivées. »

 

Intensification des maraudes

 

Outre ce centre d’hébergement spécialisé, Anaïs Guimard coordonne les maraudes réalisées par la Croix-Rouge dans la ville de Poitiers. Avec la pandémie, celles-ci se sont intensifiées, même si le contexte est très difficile. Le couvre-feu à 22h impose de revoir les horaires, les tensions augmentent, l’angoisse se fait sentir. « Les personnes que nous voyons lors des maraudes sont les plus vulnérables : il est fondamental que nous puissions aller régulièrement à leur rencontre et effectuer une veille sociale et sanitaire, encore plus pertinente dans ce contexte de pandémie », ajoute-t-elle Anaïs Guimard. Aussi, l’équipe a augmenté le nombre de maraudes de nuit et mis en place des maraudes de jour afin de s’adapter à cette situation inédite. « Notre objectif est de continuer à voir régulièrement ces personnes, de s’assurer de leur santé physique et de vérifier qu’elles ne manquent de rien, au moins pour les prochaines heures… », conclut Anaïs Guimard qui, avec l’équipe du pôle de lutte contre les exclusions 86, s’engage sans compter à leurs côtés.

4Dans la Vienne, la Croix-Rouge adapte ses missions pour les plus fragiles